L'idéologue du surendettement

Dans un article intitulé « Dette publique : et si ce n'était pas si grave ? », Philippe Laurent a brillé par ses certitudes !

 

Mais ne serait-ce pas, comme pour l’apprenti sorcier, une manifestation d’incompétence et d’inconséquence ?

 

Dans cet article, le maire de Sceaux se plaint du gel des dotations de l'État aux collectivités locales depuis 2007. Il dit aussi « rester pantois devant l'analyse ordinairement comptable effectuée par le gouvernement (alors UMP) de la situation des finances publiques ». Le Gouvernement demandait alors aux collectivités locales de faire des économies.

 

Il y affirme aussi que « la dette publique, ce n'est pas une affaire de gestion, c'est un choix politique ».

 

Souvenons-nous au passage de sa déclaration fracassante dans le journal l'Humanité : « je n'ai jamais fonctionné à l'économie » ... « je municipalise tout ». A la lecture de ces déclarations, on comprend mieux pourquoi les finances de notre ville sont dans une situation catastrophique !

 

Élu d'une collectivité locale, Philippe Laurent ne se sent nullement responsable de l'endettement global du pays. Il a jugé que les efforts demandés par le gouvernement Fillon pour réduire la dette étaient une « manœuvre grossière ».

 

La libre administration des collectivités locales, devenu principe constitutionnel, a créé des baronnies que  leurs « seigneurs » gèrent en toute indépendance et en toute impunité. Les collectivités locales ne sont pas l'État !

 

Les cours de philosophie politique nous ont enseigné que la puissance publique est « une et indivisible ». Eh bien, aujourd'hui, il n'en est plus rien, puisque les « barons locaux » nous rabâchent que « l'État c'est l'État » et que « les Collectivités Locales sont les Collectivités Locales ».

 

Ce discours est insupportable pour les citoyens que nous sommes, car il a des conséquences en matière fiscale et budgétaire. Nombreux sont les élus locaux qui refusent de se sentir concernés par ce qui se passe au niveau des finances de l'État. Ils considèrent qu'ils ont des prérogatives et un droit imprescriptible à la « Dépense », même si, par ailleurs, l'État est lui-même menacé de faillite.

 

N’est-ce pas là le constat d’une réelle carence dans la mission du gestionnaire rigoureux, celui aussi d’un manque du sens des responsabilités et celui, enfin, d’une absence totale de prise en compte de l’intérêt collectif ?

 

Nous qui payons nos impôts en citoyens responsables, nous assistons à la gabegie généralisée et cumulée de la richesse collective, tant par l'État que par les Collectivités Locales. Nous ne pouvons supporter plus longtemps cette incompétence.

De son coté, M. Laurent considère que « le niveau des prélèvements en France est loin d'être confiscatoire ». Dès lors, il considère qu'il a un « Droit à prélever l'impôt », qu'il y a à Sceaux (et en France, plus généralement) une « réserve fiscale », ce qui l'autoriserait à dépenser toujours plus.

 

Les élus comme M. Laurent, foncent tête baissée vers le « mur final » : non seulement ils accroissent le surendettement, mais bien plus, malgré la crise grave que connait le pays, ils persistent de manière coupable dans leur idéologie dépensière et ils continuent à discourir en donneurs des leçons.

 

De ce fait, ils mettent en péril notre démocratie, car ils sont entièrement responsables de la montée des extrêmes dans notre pays.

Petite leçon d'économie à l'attention d’un soi-disant spécialiste des finances

Le maire de Sceaux pense et écrit, en effet, que la dette française est « financée par l'épargne accumulée des français, principaux détenteurs des bons et obligations assimilables du Trésor ».

 

Il n’en est rien ! Depuis 2004, la dette française est détenue en majorité par des non-résidents. M. Laurent se serait-il mal documenté ?

 

Les deux graphes ci-dessous montrent à diverses périodes la part de la dette française détenue par les non-résidents.

Détention par les non-résidents des titres de la dette négociable de l’État en % de la dette négociable (2010 -2013) Source : Banque de France
Détention par les non-résidents des titres de la dette négociable de l’État en % de la dette négociable (2010 -2013) Source : Banque de France

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