Sceaux : Une pensée pour Montesquieu et la démocratie

A Sceaux, nous sommes loin de l’exercice du pouvoir démocratique et de l’esprit des Lumières qui a forgé notre culture politique

« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser » (Montesquieu)

Les lois de décentralisation ont progressivement donné des pouvoirs exorbitants aux maires et ont fini par supprimer le seul contre-pouvoir qui existait, la tutelle des préfets, notamment sur les comptes des communes.

 

Par ailleurs, le système électoral qui régit les élections municipales retire à l’opposition municipale tout pouvoir d’infléchir la politique voulue par les maires dès lors qu’ils sont majoritaires, fussent-ils élus à quelques voix près.

 

En matière d’urbanisme, la signature d’un seul homme, le maire, peut rendre un terrain constructible et faire considérablement augmenter sa valeur.

 

Qui plus est, un maire est éligible et rééligible à vie, aucune limite en nombre de mandats n’étant imposée par la Loi. Et au fond, il est légitime qu’un maire soit réélu, s’il fait, dans l’intérêt collectif, du bon travail, et que son expérience valorise sa fonction.

 

Cependant, cet idéal vertueux est de plus en plus rare, car le pouvoir donne souvent la tentation à celui qui l’exerce d’en abuser.

 

Que peut-on comprendre de la situation de Sceaux dont M. Laurent est conseiller municipal depuis 1977 et maire depuis 2002 ?

 

Son expérience est-elle, pour les Scéens, un avantage ou un terrible handicap ?

 

Deux exemples peuvent éclairer cette analyse de façon à ce que chaque citoyen puisse se faire son opinion : la dette de la ville et la reconstruction de la maison de retraite Renaudin.

Les finances

Le maire de Sceaux, qui se présente comme « Le spécialiste » des finances locales, a mis celles de sa commune dans un état désastreux. La dette est abyssale, mais le discours bien formaté parvient à cacher la réalité des faits, son autoévaluation de « spécialiste » faisant partie, cela va de soi, de l’écran de fumée qu’il installe devant les yeux des Scéens.

 

Les enfants de Seaux qui n’ont pas encore le droit de vote devront payer pour les errances d’un maire inconséquent.

 

La Chambre Régionale des Comptes (CRC) a fait un audit des comptes de la ville en …. Son rapport n’a pris en considération que les comptes d’une période passée, ignorant de façon surprenante les deux années les plus récentes dont les chiffres étaient pourtant disponibles. Certains ratios, certainement dérangeants, n’ont même pas été calculés et ne figurent pas dans les annexes.

 

Les autorités de contrôle, qui participent pourtant à l’exigence démocratique, seraient-elles en panne, inopérantes et pour quelles raisons ? La CRC a malgré tout demandé à ce que les « équilibres financiers soient restaurés ». S’agissant des équilibres financiers de deux ans avant le contrôle, on peut s’interroger sur le sens que cette « réprimande » !

 

Voir ce rapport sur le site de la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France

Le scandale de la maison de retraite Renaudin

En tant qu’agent de l’État en matière d’urbanisme dans sa commune, le maire a pris la décision d’accorder, pour la maison de retraite Renaudin, un permis de construire qu’il avait lui-même fait déposer par l’EHPAD dont il est le président.

 

Ce permis de construire était illégal car il prévoyait un étage de plus que ce que le Plan d’occupation des sols (POS) de l’époque imposait. C’est ainsi qu’a jugé le Tribunal Administratif de Versailles, statuant sur un recours déposé par l’association de quartier «Cœur de Sceaux».

 

Le juge administratif a annulé partiellement le permis illégal, mais cela n’a malheureusement pas suffi. Que s’est-il passé ensuite ?

 

« Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir » écrivait Montesquieu.

 

Le maire et sa majorité ont changé les règles d’urbanisme, le POS est devenu PLU, et un nouveau permis de construire, en tout point équivalent à celui qui avait été sanctionné par le juge administratif, a été redéposé et accordé à nouveau par le maire.

 

NB : Les aspects financiers de ce dossier mériteront un dossier complet qui sera publié prochainement.

Conclusion

Seuls les bulletins de vote permettront de mettre fin à cette situation et de choisir des représentants exemplaires ! Il est grand temps de priver M. Laurent du droit de faire n’importe quoi à Sceaux. Il faut mettre fin au comportement indigne d’un petit baron narcissique !

 

Ce potentat local se croit tout permis et se fait passer pour un grand démocrate. Il convie les Scéens à des réunions de pseudo-concertation et fonde sans cesse son pauvre discours sur l’intérêt général. L’heure n’est plus de le juger sur ce qu’il dit, mais sur ce qu’il a fait.

 

On ne peut plus accepter que Sceaux soit gérée par un professionnel de la politique qui n’a d’autre objectif que son « ego ». Il faut en confier la gestion éclairée à des citoyens dégagés des intérêts partisans, des citoyens qui aient le sens des réalités et qui soient conscients de la difficulté de gagner un salaire et de payer des impôts. Ceci implique de gérer la collectivité avec rigueur, de respecter les grands principes démocratiques fondés sur les valeurs de loyauté et de probité.

 

Il faut donc revenir à l’exercice fondamental de la démocratie participative, accepter de tenir compte des oppositions, convaincre et non tromper, agir en plein jour et ne plus mettre les citoyens devant les faits accomplis et, notamment, devant une dette qui engage les générations futures.

 

Qui mieux que Montesquieu a défini les modalités de l’exercice du pouvoir démocratique ?

 

N’est-ce pas l’esprit des « Lumières » qui a forgé au dix-huitième siècle notre culture politique, aujourd’hui totalement bafouée ?

À la lumière de ces deux exemples, les constats sont accablants !

 

  • Une autorité de contrôle qui ne prend en compte, ni les chiffres du budget en cours, ni les chiffres de l’exercice écoulé, mais qui contrôle une période très antérieure, cela ne fait pas sérieux. On doit s’interroger sur les objectifs d’un tel fonctionnement.
  • L’information des citoyens, pourtant indispensable à l’exercice démocratique du vote en conscience, a été déformée. Quel réseau d’influence a pu permettre une telle manipulation ?
  • Le maire a tenté d’enfreindre les règles d’urbanisme dont il est pourtant le premier garant dans la commune. Le peuple, à travers une association de quartier, a réussi à l’arrêter grâce à la sanction d’un juge. Malgré tout, le maire est parvenu à faire aboutir son projet en changeant les règles du jeu. L’autorité du juge ne suffit donc plus à réguler les abus. Les lois de la République ne permettent plus le contrôle suffisant des élus.

Comment les citoyens doivent-ils réagir pour qu’il soit mis fin à ces actes inadmissibles et que l’on retrouve une situation réellement démocratique ?

« La Démocratie est un régime politique basé sur la vertu et dans lequel le peuple est sujet et souverain ».

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